Au sein de notre parcellaire atypique, nous disposons de pâtures implantées en cœur de village. Ces herbages ont longtemps été employés comme simples enclos pour équidés et bovins. L’approche paysagère de Patrick a permis de mettre en avant la figure historique de pré-verger, l’une des composantes paysagères de nos regrettés villages bosquets et de leurs courtils.
L’enjeu a donc été de faire renaître cette figure identitaire, tout en l’adaptant aux spécificités de notre projet, à savoir : un itinéraire cultural en agriculture biologique et dans le respect des jardins privés attenants, la plantation d’arbres fruitiers de hautes-tiges (port traditionnel) pour une production diversifiée et offrant un milieu supplémentaire au sein de la trame verte locale (enjeu de biodiversité), la préservation de variétés fruitières locales et anciennes, etc.
Ainsi, près d’un hectare de pré-vergers ont été réhabilités, dont une partie figurait sur les cartes d’État-major (19ème siècle). Outre leur aspect productif, ils contribuent désormais à la valorisation du cadre de vie des Soyécourtois(es).
Zoom sur le pré-verger
Forme d’agriculture traditionnelle de type polyculture élevage, le pré-verger consiste à valoriser le parcellaire par la multifonctionnalité de l’espace : permettre à la fois le pâturage (notamment d’ovins) et la production fruitière sous forme de verger (traditionnellement constitué de fruitiers « hautes-tiges »).
Ainsi, les animaux entretiennent l’espace en se nourrissant de la strate herbacée ; tout en l’amendant par leurs déjections au profit des arbres. Les animaux contribuent également au « nettoyage de la parcelle » grâce à l’ingestion des fruits gâtés tombés au sol et des parasites.
On trouve historiquement le pré-verger au sein du courtil : l’épaisseur entre le noyau urbanisé et le tour de ville au sein de laquelle était pratiquée une agriculture vivrière (maraichage, élevage, etc.).
Suite aux guerres (notamment la bataille de la Somme en 1916) et aux remembrements agricoles successifs, les pré-vergers ont quasiment disparus du plateau du Santerre. Notre action revêt donc un caractère patrimonial.




